(cf le post)

l'adaptation peut conduire à la servilité et la sclérose, elle est souvent guidée par la peur, de disparaître, d'être sanctionné, de n''avoir "pas assez" pour vivre
je m'adapte ou je meurs! mais je finis (mon moi profond, et celui de mes contemporains et descendants) par disparaître si mon espèce semble se survivre
l'adaptation est inventive (sans conteste) mais sous le carcan qui peut tout de même étouffer sa créativité et sa portée

Icare reste un pionnier pour tous ceux qui gardèrent en eux la volonté de voler un jour sans s'y brûler les ailes

"de l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace!" c'est ce que clamait mon grand-père avec panache (je viens de retrouver ce "chant" qui m'a bercée!)

oui je suis totalement d'accord avec "L’écriture n’est pas une évasion, un moyen d’échapper a la réalité de tous les jours: au contraire, elle représente un plongeon encore plus profond dans le marais - un plongeon jusqu’a la source où les eaux sont en renouvellement constant, où il y a un mouvement et un émoi perpétuels."

et je dirai de même ou presque pour les autres arts que celui d'écrire!
des voies s'imposent, les seules qui restent ouvertes et dignes des pouvoirs de celui ou ceux qui s'y livrent et consacrent.
Et souvent en effet, la "facilité" possédée en la matière devient un handicap, pour atteindre son "noyau", il faut forer! profond

Fleurdatlas le 2015-02-16 à 13h01


SUITE:

la voilà ma "dissert"
pas du tout en langage ou en construction "idoine"!

et dans cette "dissert" , je considère les mots "adapter" et "adaptation" dans un sens scientifique 

un sens où l'évolution, ce qui est dit "évolution" a une place prépondérante

[par exemple la lente modification d'un "membre" (main, aile, nageoire, ...) ou bien celle d'une fonction , la mutation de cellules, afin que l'être continue à exister, lui et sa descendance]

et que voit-on en fait? lorsqu'un "individu" est trop adapté au sens scientifique fonctionnel, cellulaire, il disparaît en cas de grands désordres, ruptures et cataclysme!

l'adaptation n'est pas une "acceptation" au sens psychologique mais une terrible "loi" au sens de la nature

adaptation donc sélection
mutation

mutilation même dans certain cas
et sclérose jusqu'à extinction

adaptation ou mort
si trop d'adaptation disparition totale


Risquerait-on sa peau à être artiste?

être artiste, je l'ai toujours dit c'est une façon, un way of life, il peut rapporter financièrement ou ne pas rapporter

s'"instituer" artiste en tant que manager d'une production monayable, c'est être chef d'entreprise, avec tous les risques de réussites ou de faillites que cela comporte

celui qui gagne beaucoup de fric ou suffisamment c'est un bon manager, cela ne prouve pas qu'il soit un authentique artiste

nombre d'artistes ont été déclaré comme "tels" après leur mort, leur vie ayant été sur la place publique ou recluse

certains artistes sont, non pas "méconnus", mais carrément inconnus, et pourtant ils influencent ou ont influencé notablement leur entourage par leurs positionnements et leur endurance obstinée même dans l'ombre

on connait leur nom à postériori, ou on ne le connaîtra jamais

être artiste c'est une disposition de coeur, et de fait

à mon humble avis, être artiste rime mal avec supporter le compromis

on n'a pas besoin d'être sauvage pour être artiste, mais la société est telle qu'on le devient si on ne l'était point!

j'ai souvent fait référence à Edmond Rostand ces derniers temps avant le crash de KarmaOs, alors bien sûr ce que j'avais écrit... autant en emporte le web!

peu importe!
j'étais sybilline? oui sans doute mais je vais parler plus (chante)clair!

Voilà un homme (Rostand) qui se met à devenir la coqueluche du monde entier avec son Cyrano de Bergerac, c'est difficile d'imaginer sa popularité, c'est je crois l'homme le plus populaire de son époque! il devient richissime, il se fait construire un superbe "palace" au pays basque, le style de cette demeure est copié par les milliardaires dans le vaste monde, et par le "commun" au pays basque même.
Il est visité, choyé, adulé, imité, envié, parasité (il déteste les parasites!), c'est la GLOIRE!

Et puis un jour il écrit "autre chose" (autre chose car l'écriture de cette oeuvre lui est laborieuse et longue; autre chose parce que ses contemporains ne reconnaîtront pas en elle le génie de "leur" Rostand adoré!)
une oeuvre qu'il porte en lui depuis longtemps, sa femme l'aide, elle en abdique sa nature propre, ses arts, elle se consacre à la transcription de son travail, Rostand est malade, il besoin d'aide, de soutien.
C'est un très long accouchement: Chanteclair! une pièce novatrice, très critique de sa société contemporaine, une "caricature" en somme, mais point dessinée, quoique les costumes, les décors, oui!

Un fiasco à la réception de cette oeuvre, les français n'ont plus d'humour, les temps sont "autres" eux aussi, c'est le crash, trash!

Rostand tombe en déprime profonde, rares sont les amis qui lui restent, sa femme éprouve un profond désespoir de ne savoir comment l'aider, elle le quitte! pour reprendre sa vie artistique à elle.

Qu'a fait Rostand pour mériter tel châtiment? il mordu la main du "prince" dont il avait les faveurs, le "fou du roi" est tombé en disgrâce, "à la trappe"!

si tu mors la main de qui te nourrit, tu risques d'être battu et chassé affamé

il ne s'en est jamais remis

ensuite? visiteur de soldats hospitalisés (sa santé ne lui permettant pas d'aller "au front"), il attrape la grippe espagnole (celle qui donne des suites narcoleptiques cataplexiques lorsqu'on n'en meurt pas!)
lui il en meurt assez rapidement

exit le génie!

au départ il s'est "adapté" à son sort d'artiste adulé et richissime
quoique venir habiter en pleine pampa basque, ce n'est pas un réflexe d'homme qui aime le bain de foule!
pour l'anecdote il a été "séduit" par des poules traversant la route! ce qui a réveillé en lui une vocation de gentilhomme jardinier et "éleveur de basse-cour" d'où plus tard (ou même peut-être "en même temps") cette idée de Chanteclair
il a été également séduit par un paysage (qu'il n'a eu de cesse de modifier en y transplantant tas d'arbres admirés un peu partout: collectionneur d'arbres ce type!)
donc il a voulu s'installer sur ce terrain autrefois "vide", non loin de ces poules séductrices ou séduisantes et du médecin qui traitait ses affections pulmonaires, logique! (pour lui!)

et puis il n'a pas du tout accepté cet échec de la pièce qui aurait du être son chef-d'oeuvre (d'après lui!)

il était devenu "inadaptable" à la société qui le rejetait et aux compromis qu'il eut fallu faire

il n'avait pas ou plus vocation d'entrer dans une résistance ouverte "sauvage"!

et pourtant il a tout de même résisté, à sa façon! jusqu'au bout.
 

Voilà ce que j'ai voulu dire en parlant de Rostand les derniers temps avant que tous nos articles récents disparaissent

j'avais aussi parlé de Sils Maria, ce film récent, et des conclusions que j'en tirais

qu'est-ce qu'entrer dans l'"intemporalité" pour un artiste...?
Pénétrer dans une dimension où son personnage lui échappe et où il devient un modèle, un fanal dans l'obscurité habituelle ambiante
pas forcément un phare ou un "mythe"
mais peut-être une simple pierre "remarquable" sur le chemin des contemporains ou des générations futures, pour ne pas se perdre dans les brumes ou le brouillard...

quel est le prix à payer pour entrer dans cette "intemporalité"?

celui de "disparaître" d'une certaine manière pour que le message prenne toute la place...et que d'autres puissent "monter", continuer à créer

si je retrouve ces articles, je pense que je me ferai un plaisir de les rebloguer!

 

chronique de braise 2