et puis le spleen...
ou le vortex

 

et si tu t'en allais
définitivement
pour tangenter les étoiles
sans retour
sans regard en arrière
enfin libre

tu saurais combien pauvre et imparfait
sont mon amour et mon amitié
rongés de peurs
d'inavouable et d'indicibles
de sages tourments
et de gouffres pitoyables

tu saurais ma violence et ma folie
le bruit
la fureur
qui jamais ne se lassent

ces jours dont il ne ressort rien
qu'une immense langueur
qu'une fade désillusion

cette impression d'étouffement fatal
et de gangraine
ces odeurs d'hôpital
ces envies de grand large
qui se brisent contre une tenture poussiéreuse
une lézarde persistante du mur
une tache de pourri sur la peinture
qui lentement gagne du terrain
évoquant les tests de Rorschach
ma mémoire que je ne veux plus fuyante
mais dont les détails m'accablent
et me lient

mes yeux aux multiples facettes dépolies
ne renvoient plus de lumière
les ailes qui n'ont servi qu'à ma parade nuptiale
sont dépourvues de baguette magique
sachez-le, je n'ai pas de dard crochu
moi la féconde
que l'on voue à la destruction après la récolte dorée

je ne suis PAS allée à Baden-Baden
et n'y retournerai plus

jamais

 

 

chronique de braise (cendrée)

lettre à