Notre mission a mal tourné,
je me suis retrouvée au sein d'un véritable chantier de démolition.

Décompositions, angoisses.

J'étais un gibier, mais je l'ignorais encore.
J'avais plein les yeux des étoiles, des bannières, comprends-tu?

J'étais jeune, solitaire, entrainée, volontaire.
Peux-tu imaginer ce qui est arrivé?

Je n'étais pas celle qu'on croyait, moi, je rêvais de voyages, de calme, de volupté, de partages, de progrès.

J'ai déçu.

Tout cette déshumanisation, ces entrainements, cet implacable qui se répétait sans cesse.

Pourras-tu encore m'aimer, me désirer?
j’ai oublié ce que c’est que d’être une femme, un être humain, en vérité. J'ai perdu goût à l'essentiel comme au futile.

Quelque chose a changé pour toujours. Un sentiment effroyable de trouille et de solitude ne me quitte plus jamais.

Dans mes yeux une inlassable tristesse déguisée en sourire.

Quelles preuves pouvait-on pouvait réunir contre tout? ou tous?

Le plus dérisoire, c'est qu'en fin de compte, j'ai eu de l'avancement, et j'ai même pu me rendre à Chypre...

Cette histoire nous a rendus  "égaux", pour services rendus!

Tu m'as "dégrisée".

Un jour, une nuit, que s'est-il passé?
Nos soucis quotidiens...

Je sais à présent que la vie est une chose plus ténue que le cristal le moins épais, plus résistante que le fil d’araignée.

Avec ton aide, je m'y accroche, tout simplement!


lettre 3


Chroniques perdues